Conseil de la santé et du bien-être

Communiqué

Pour une plus grande humanisation des soins en fin de vie

17 septembre 2007 – Le Conseil de la santé et du bien-être rend public aujourd’hui un avis remis au ministre de la Santé et des Services sociaux intitulé : Pour une plus grande humanisation des soins en fin de vie.

« Comme la population du Québec l’a constaté récemment alors qu’un bébé de 18 mois, atteint d’un cancer incurable au cerveau, rentrait chez lui pour y vivre ses derniers moments de vie, il existe au Québec un écart important entre les besoins et les services de soins qui s’offrent présentement aux personnes (enfants et adultes de tous âges) qui connaissent leurs derniers instants. En fait, cette triste situation a fait prendre conscience à beaucoup d’entre nous que les services offerts à nos concitoyennes et concitoyens, en fin de vie, sont bien en deçà de nos attentes personnelles et collectives », de déclarer madame Hélène Morais, présidente du Conseil de la santé et du bien-être.

Une nette majorité de Québécoises et de Québécois désirent mourir à domicile, la plupart, soit près de 90 %, meurent à l'hôpital. Parmi les personnes qui devraient bénéficier de services organisés de soins palliatifs, en fin de vie, seulement 5 % en reçoivent. Même chez les personnes atteintes d'un cancer, la situation actuelle est insatisfaisante. À titre d'exemple, une étude récente (Gagnon et Mayo, 2002) révèle que seulement 15 % des femmes atteintes d'un cancer du sein et qui ont succombé à leur maladie ont bénéficié de soins palliatifs au cours des six derniers mois de leur vie. 86 % des femmes qui ont succombé à leur maladie sont décédées dans les hôpitaux de soins de courte durée, contre 5 % à leur domicile.

Le Conseil de la santé et du bien-être a fait d'autres constats troublants :

  • la majorité des Québécoises et des Québécois meurent avec des douleurs, de l'inconfort et des souffrances qui pourraient être évités;
  • les services de soins palliatifs sont offerts et évoluent à des rythmes différents d'une région à l'autre;
  • les services de soins palliatifs sont toujours marginalisés dans l'ensemble des services du réseau de la santé et des services sociaux;
  • la formation des intervenants dans le domaine des services de soins palliatifs demeure incomplète.


À la lumière de ce bilan, par la diffusion de cet avis, le Conseil veut éveiller la population à la nécessité que le Québec s'engage sur la voie d'une action cohérente et concertée en matière de services de soins palliatifs.

Pour le Conseil, seul un engagement collectif de solidarité et d'équité pourra permettre une fin de vie dans la dignité, l'autonomie, le respect du choix de son lieu de décès et ce, pour toutes et tous, à travers l'ensemble des régions du Québec.

Mais quelles sont les voies de solutions?

Afin d'assurer à la population l'accès à des services organisés de soins palliatifs en fin de vie de qualité, dans l'avis au ministre de la Santé et des Services sociaux, le Conseil propose des défis réalistes à l'État québécois et formule treize recommandations dont notamment :

  • Sensibiliser la population à la mort de façon à faire cheminer celle-ci vers une meilleure appropriation de cette dernière étape naturelle de la vie.
  • Assurer la gratuité des services de soins palliatifs, tant les services professionnels que les services d'aide domestique et d'assistance personnelle, pour les personnes évaluées par les CLSC et considérées comme étant à risque.
  • Assurer aux Québécoises et aux Québécois l'accès, dans le respect de leur volonté quant au lieu de leur décès, à des services organisés de soins palliatifs de qualité dans toutes les régions.
  • Revoir les mécanismes de financement et de répartition des ressources de façon à augmenter la part des ressources attribuées aux services de soins palliatifs en fin de vie offerts dans la communauté et faciliter l'intégration de ces services.
  • S'assurer que le soulagement des douleurs et des souffrances des personnes malades, dans le respect de leurs volontés, soit au cœur de la formation des professionnels qui travaillent dans les services organisés de soins palliatifs.
  • Renforcer l'encadrement des intervenants en leur assurant l'accès à une ressource conseil (24 heures – 7 jours).
  • Assurer aux usagers, dont les personnes aidantes, l'accès à des ressources de soutien professionnel ainsi qu'à une ressource conseil (24 heures – 7 jours).
  • Protéger les acquis sociaux et économiques des proches qui désirent prendre soin d'une personne malade en phase terminale en leur donnant les moyens nécessaires pour pouvoir exercer ce choix.


Le Conseil est composé de 23 membres qui proviennent de différents milieux intéressés par la santé et le bien-être de la population. Le Conseil de la santé et du bien-être a pour mission de contribuer à l'amélioration de la santé et du bien-être de la population en fournissant des avis au ministre de la Santé et des Services sociaux, en informant le public, en favorisant des débats et en établissant des partenariats; ces activités portent sur les objectifs de santé et de bien-être ainsi que sur les meilleurs moyens pour atteindre cette finalité.

Pour plus de détails concernant l'avis et le détail de toutes les recommandations, le Conseil invite la population à consulter son site Internet www.msss.gouv.qc.ca/csbe ou à composer le numéro de téléphone suivant : (418) 643-3040 afin d'obtenir une copie de l'avis.

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Pour information : Linda Lévesque
(514) 389-2035 ; cellulaire : (514) 242-8909