Conseil de la santé et du bien-être

Communiqué

Rapport Romanow

29 novembre 2002 – Le Québec doit reprendre l'initiative dans le domaine de la santé

« Le Conseil de la santé et du bien-être se réjouit de voir le Rapport Romanow confirmer le rôle – le devoir – de l’État de financer les services de santé, d’assurer l’accès rapide de ces services à la population. Dans ce contexte, le financement privé n’a pas sa place. » Telle est la réaction préliminaire exprimée par la présidente du Conseil de la santé et du bien-être (CSBE), Mme Hélène Morais, au lendemain de la publication du rapport de la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada.

Il y a lieu, estime le Conseil, de féliciter la commission de vouloir élargir la gamme de services couverts par la Loi canadienne sur la santé à d’autres services prioritaires. En proposant d’introduire dans la Loi les services à domicile, les services diagnostiques, et, éventuellement, les médicaments, la commission invite les gouvernements à innover et à maintenir les principes d’équité à l’origine du régime public d’assurance maladie.

Pour le CSBE, la commission n’a pas su utiliser le cadre général de la Loi canadienne sur la santé pour soutenir ses propositions. « La Loi, d’expliquer Mme Morais, a jusqu’ici bien fonctionné. Au cours des 30 dernières années, les provinces ont essentiellement agi en respectant le cadre de la Loi pour maintenir et développer le régime public d’assurance maladie. Le Conseil estime donc qu’il est inutile que le gouvernement fédéral recoure à des mécanismes bureaucratiques et financiers complexes. » À titre d’exemple, les recommandations visant à créer un Conseil de la santé du Canada et des Fonds dédiés n’apparaissent pas souhaitables.

Le Rapport Romanow identifie des priorités d’intervention que le Québec doit prendre en compte, notamment aux chapitres des services de première ligne, de la qualité des services, de l’imputabilité, de l’équité interrégionale, des services à domicile, etc. Il y a nécessité pour le Québec et toutes les forces vives du réseau de la santé de reprendre l’initiative dans ces domaines, de lever les obstacles et d’implanter des politiques innovatrices. « Le Québec a souvent été novateur, rappelle Mme Morais, par exemple en créant les CLSC, en instaurant l’assurance médicaments et en protégeant adéquatement les renseignements personnels. On ne peut nier que nous comptons aussi des lacunes importantes, notamment dans l’organisation d’une première ligne forte, les mécanismes de reddition de comptes, l’appréciation de la qualité des services et l’équité interrégionale ».