Conseil de la santé et du bien-être

Communiqué

Le Conseil de la santé et du bien-être appuie le projet de loi 112

1er octobre 2002 – « Une population qui jouit d'une meilleure santé, d'une meilleure qualité de vie et d'une plus grande équité sociale est une population qui participe davantage au développement collectif »
- Hélène Morais, présidente du Conseil

Le Conseil de la santé et du bien-être (CSBE) appuie le projet de loi no 112 visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale et la stratégie nationale qui en découle. « Ce projet de loi, d’expliquer la présidente du Conseil, Mme Hélène Morais, a le sérieux mérite de mettre le doigt sur le problème, de traduire et d'encadrer la volonté gouvernementale d’agir à court et à moyen termes de manière à améliorer les conditions de vie des plus démunis parmi les Québécois et les Québécoises. »

Au sujet de la pauvreté, on peut avoir toute une série d’explications quant à ses causes, d’affirmer Hélène Morais aux membres de la Commission des Affaires sociales; ceci dit, a-t-elle soutenu, il existe un lien étroit entre, d’une part, la pauvreté et l’exclusion sociale et, d’autre part, les problèmes de santé et de bien-être. « Pour les membres du Conseil, l’existence de ce lien n’est plus à démontrer. » En effet, on sait que les personnes pauvres et celles qui connaissent l’exclusion meurent plus jeunes, sont plus souvent malades et qu’elles consomment plus de médicaments.

Mais, souligne-t-elle, on doit aussi prendre en compte comment certaines caractéristiques des milieux de vie se combinent souvent pour exercer une pression importante et nocive. C’est pourquoi, de rappeler Mme Morais, le Conseil estimait, dans un avis publié le 28 août dernier sur la Politique de la santé et du bien-être, qu’il y a lieu « de fixer des objectifs relatifs à la valorisation et au soutien des milieux de vie constituant des facteurs de risque ou de protection pour les problèmes de santé et de bien-être jugés prioritaires. Les milieux de vie retenus sont la famille, l’école, le milieu de travail et la communauté locale. »

En parallèle, le CSBE croit fermement que la participation active et concertée des différents secteurs d’intervention (habitation, éducation, santé, services sociaux, travail, etc.) est essentielle pour articuler efficacement la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, a fait valoir la présidente. « Il est nécessaire de conserver une vision globale de la pauvreté et de l’exclusion sociale pour mener à bien une lutte efficace contre ces phénomènes », a-t-elle déclaré.

Évoquant par ailleurs le débat important auquel donnera lieu l’étude du projet de loi, autour des concepts d’un revenu de citoyenneté ou encore d’un revenu de solidarité, Mme Morais a souligné que les mesures économiques de la pauvreté en arrivent toutes à une appréciation relativement semblable de ce qu’il faut pour vivre dignement au Québec. « Dans ce cas, de l’avis du Conseil, a-t-elle affirmé, nos programmes de sécurité du revenu devraient fournir, de façon inconditionnelle et inaliénable, à chaque Québécois et à chaque Québécoise, au moins assez de ressources pour vivre dignement et assumer ses responsabilités. »

Le Conseil estime que sans une implication des collectivités locales, il sera difficile d’articuler une lutte efficace contre la pauvreté et l’exclusion sociale, c’est pourquoi il recommande au législateur de faire en sorte que la Loi mise sur l’appropriation par les collectivités des leviers de leur développement et sur la participation sociale pour favoriser l’engagement de l’ensemble de la société. « Ce principe, d’expliquer Mme Morais, peut se concrétiser dans de nombreux secteurs d’activité et avoir un effet réel. Par exemple, une intervention en matière de logement peut constituer un excellent moyen de développer des liens entre les individus et de renforcer la capacité des collectivités de trouver des réponses concrètes et adaptées aux besoins de leur population. »

La présidente du Conseil a conclu son intervention en réitérant l’importance que revêt la lutte contre la pauvreté pour la santé et le bien-être de la population québécoise. « Les pauvres et les exclus présentent davantage de problèmes de santé, c’est un fait. Une population qui jouit d'une meilleure santé, d'une meilleure qualité de vie et d'une plus grande équité sociale est une population qui participe davantage au développement collectif », a déclaré Mme Morais. « Nous sommes tous conscients des pressions qui se font sentir actuellement sur le système de services. Or, si le maintien d’un système de services de santé et de services sociaux publics, de qualité et accessibles à tous représente un élément essentiel pour réduire la pauvreté, la mise en place d’une stratégie de lutte contre la pauvreté, incluant le projet de Loi, s’impose de façon encore plus marquée pour prévenir à la source les problèmes de détresse sociale et de santé et soutenir le développement du potentiel humain. »

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Le Conseil de la santé et du bien-être a dix ans. Créé par une loi en mai 1992, il a pour mission de contribuer à l’amélioration de la santé et du bien-être de la population en fournissant des avis au ministre de la Santé et des Services sociaux, en informant le public, en favorisant des débats et en établissant des partenariats; ces activités portent sur les objectifs de santé et de bien-être ainsi que sur les meilleurs moyens pour atteindre cette finalité.

Le Conseil se compose de 23 membres représentatifs des usagers des services de santé et des services sociaux, des organismes communautaires, des personnes engagées dans l’intervention, la recherche ou l’administration du domaine de la santé et du domaine social, et de secteurs d’activité dont les stratégies d’intervention ont des conséquences sur la santé et le bien-être de la population.