Conseil de la santé et du bien-être

Communiqué

Recommandations au ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux

Pour une stratégie du Québec en santé
DÉCIDER ET AGIR

Le Conseil de la santé et du bien-être formule 41 recommandations au ministre d’État à la Santé et aux Services sociaux

2002-08-28 – Le Conseil de la santé et du bien-être (CSBE) a rendu public ce matin un avis portant sur La politique de la santé et du bien-être (la Politique). Dans son avis, le Conseil formule, à l’intention du ministre de la Santé et des Services sociaux, 41 recommandations afin d’améliorer la santé et le bien-être des Québécoises et des Québécois.

De l’étude de l’évolution des problèmes de santé et de bien-être retenus dans la Politique de 1992, il ressort que les objectifs fixés pour réduire la mortalité, ceux fixés en santé publique et ceux fixés en intégration sociale ont presque tous été atteints. Toutefois, alors que nous définissons au Québec la santé comme la capacité des personnes d’exercer leurs rôles sociaux, le Conseil observe une aggravation des problèmes limitant ces capacités.

De façon plus précise, le Conseil constate que les maladies cardio-vasculaires et le cancer demeurent les causes les plus importantes de mortalité au Québec, malgré une certaine diminution du nombre de cas. Le suicide, la violence, les troubles de comportement chez les enfants et les adolescents et des maladies qui causent des incapacités à long terme comme les maladies respiratoires, les maux de dos et le diabète sont en progression. Les troubles mentaux, plus particulièrement leur augmentation en milieu de travail, préoccupent un nombre croissant d’intervenants. Ce constat conduit le Conseil à accorder une priorité à ces différents problèmes de santé et de bien-être qui réduisent de façon importante la capacité d’action des Québécoises et des Québécois.

Le Conseil observe également que certaines régions québécoises sont plus touchées que d’autres par ces problèmes. Les régions de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et de Montréal-Centre sont particulièrement aux prises avec les problèmes de violence. Alors que les régions de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nunavik ont un taux élevé de mortalité lié aux maladies cardio-vasculaires, au cancer (poumon), aux maladies respiratoires et au suicide. La présence d’écarts régionaux importants conduit le Conseil à recommander au ministre d’accorder une priorité à l’amélioration de la santé et de la qualité de vie dans ces cinq régions du Québec.

Le Conseil reconnaît les limites de l’intervention du réseau des services de la santé et des services sociaux quant à l’amélioration de la santé et du bien-être. Aussi affirme-t-il que seule une action concertée impliquant les acteurs des différents secteurs de la société québécoise, dont ceux du développement économique, permettra d’améliorer la santé et le bien-être des Québécoises et des Québécois.

Enfin, le CSBE voit dans la révision de La politique de la santé et du bien-être une occasion à saisir par le ministre d’État à la Santé et aux Services sociaux pour apporter des solutions à des problèmes du système relatifs à sa gouverne, à son financement et à l’allocation des ressources, à l’organisation des services et à la motivation du personnel.

En somme, le Conseil de la santé et du bien-être formule des recommandations sur ce qui lui apparaît être les conditions essentielles de réussite d’une Politique de la santé et du bien-être révisée : des responsabilités partagées (interaction constante entre les paliers, reddition de comptes, suivi), la participation des acteurs locaux et régionaux, la participation du personnel et des professionnels du réseau de services, l’existence d’une marge de manœuvre régionale en matière d’allocation des ressources et l’intersectorialité.

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Le Conseil de la santé et du bien-être a dix ans. Créé par une loi en mai 1992, il a pour mission de contribuer à l’amélioration de la santé et du bien-être de la population en fournissant des avis au ministre de la Santé et des Services sociaux, en informant le public, en favorisant des débats et en établissant des partenariats; ces activités portent sur les objectifs de santé et de bien-être ainsi que sur les meilleurs moyens pour atteindre cette finalité.

Le Conseil se compose de 23 membres représentatifs des usagers des services de santé et des services sociaux, des organismes communautaires, des personnes engagées dans l’intervention, la recherche ou l’administration du domaine de la santé et du domaine social, et de secteurs d’activité dont les stratégies d’intervention ont des conséquences sur la santé et le bien-être de la population.